La Fontaine, Fables,  La Laitière et le Pot au lait : analyse d'une fable

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`La Fontaine, Fables, 
« La Laitière et le Pot au lait » ? 




« La Laitière et le Pot au lait » 


1. La fable se décompose en deux temps 
fortement 

marqués : le récit proprement dit (les 29 premiers 
vers), une morale longuement développée (14 vers). 
Le récit est construit comme un petit drame, comporte 
trois actes et un bref épilogue de deux vers. 
Vers 1 à 11 : présentation de Perrette (un portrait à 
l’imparfait brosse son apparence vestimentaire, le mobile 
de son voyage et ses pensées à compter du vers Cool
Vers 12 à 21 : on passe de la description du personnage 
au discours direct qui restitue, dans un monologue 
intérieur, les rêves d’enrichissement de Perrette. 
Vers 22 à 27 : retour au récit avec le présent de 
narration pour conter la chute de la laitière et son retour. 
C’est le troisième acte de ce petit drame campagnard. 
Deux vers (28 et 29) évoquent au passé simple le 
passage de l’événement à son immortalisation en farce. 

2. La rêverie de Perrette est amorcée au vers 8, 
lelecteur y entre progressivement par le truchement 
d’un narrateur omniscient, qui décrit les pensées de 
l’héroïne. Celle-ci, en paysanne avisée et ambitieuse, 
fait déjà ses comptes. La progression de la rêverie est 
triplement marquée : 
– par le passage au style direct qui introduit le lecteur 
dans le monologue intérieur de Perrette ; 
– lexicalement par les transformations successives du 
produit de la vente du lait : argent, cent d’oeufs, triple 
couvée qui donne naissance aux poulets, lesquels 
revendus permettront l’achat d’un cochon qui, une fois 
revendu, permettra d’acheter une vache et son veau ; 
– par les temps verbaux : la rêverie commence au 
présent (« il m’est facile », v. 12) qui l’actualise ; avec 
le futur « coûtera » (v. 16), la jeune femme se projette 
dans l’avenir ; l’imparfait du vers suivant et le passé 
simple (« quand je l’eus », v. 17) reflètent la confusion 
de l’imaginaire et du réel, le porc est devenu réalité, les 
trois futurs qui suivent (« j’aurai », « m’empêchera », 
« verrai », v. 18-20) ont ici valeur de certitude et reflètent 
l’assurance du personnage qui balaie tous les obstacles. 
L’emploi de « verrai » marque ainsi le point culminant 
de l’illusion et conduit Perrette à mimer physiquement 
les gambades du veau (reprise du verbe « sauter », v. 21- 
22, pour l’animal et la jeune femme). 

3. La tonalité dominante est ici l’humour teinté d’ironie. 
Le mot « farce » (v. 2Cool renvoie le récit au registre du 
comique. Tout concourt ici à tonalité humoristique : 
– le rythme allègre des premiers vers reflète l’entrain 
du personnage : alternance de l’alexandrin et de 
l’octosyllabe, alexandrins coupés à l’hémistiche qui 
miment le pas vif de Perrette et son impatience (1, 3, 
4, 5), tout comme les octosyllabes eux-mêmes répartis 
selon un rythme 4/4. La rapidité de ses calculs, l’envol 
de l’imagination sont suggérés encore par le rythme 
6/6 des vers 9 à 11 ; 
– l’alacrité de ce début est soulignée par le lexique qui 
décrit la hâte de la laitière : « allait à grands pas » (v. 4), 
« agile » (v. 5), « diligent » (v. 11), l’adverbe « déjà » 
(v. Cool est une trace d’ironie à l’égard de la jeune femme 
qui vend la peau de l’ours avant de l’avoir tué. On 
remarquera l’utilisation progressive de l’alexandrin 
dans le monologue qui accompagne l’envolée du rêve, 
la perte de contact avec le réel et le contraste brutal avec 
la réalité marqué par les octosyllabes des vers 25 à 29 ; 
– « Prétendait » (v. 3) dénonce ironiquement l’illusion 
du personnage ; 
– les termes désignant la laitière : le prénom, courant à 
l’époque de La Fontaine (c’est en outre un aphoristique 
familier qui installe une proximité avec le personnage), 
le possessif « notre » (v. 7) employé par le narrateur pour 
désigner son personnage, la périphrase emphatique, 
amusante, « la dame de ces biens » (v. 24), et la chute 
(« en grand danger d’être battue », v. 27) relève de la 
farce ; 
– on notera l’énumération célèbre, devenue quasi 
proverbiale du vers 23, qui reprend en sens inverse les 
étapes successives du rêve et ramène ironiquement 
Perrette à son point de départ. 

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Date de dernière mise à jour : 01/07/2021